Россия (Russie)
Le 16 juillet, conformément à nos visas mongol et russe, nous avons passé la frontière nord de la Mongolie pour entrer en Siberie, dans l'immense fédération de Russie. On change de langue mais on garde le même alphabet. Comme dans le sud, il nous a fallu négocier une place dans une voiture car le no-man's-land est interdit au piéton des steppes. Cette fois-ci, le combat est moins ardu : les véhicules ne sont pas comblés de produits chinois et nous prenons place dans la première voiture de la file. Avec quoi d'ailleurs remplir sa voiture en quittant la Mongolie, pays le moins dense du monde, plutôt caractérisé par la pénurie ?
Les deux femmes qui nous prennent à leur bord moyennant quelques roubles ont malgré tout un peu trop de vêtements, peluches et chapeaux pour être honnêtes... Elles cherchent ensuite à nous mettre des piles de T-shirts dans les sacs à dos, sous prétexte que les étrangers ne sont pas embêtés. Évidemment, on fait semblant de ne pas comprendre leur supplication, tout en les regardant enfiler un 3eme pantalon et bourrer leur soutien-gorge de divers vêtements. Et effectivement, à l'entree en Russie, une des 2 comparses est arrêtée par les douaniers et ne finira pas le passage avec nous... On filera sans demander de ses nouvelles.
C'est donc l'entrée dans un nouveau monde. Rarement frontière terrestre ne nous a semblé séparer autant deux univers. Au delà de la langue et de la monnaie, c'est l'organisation complète de la vie qui est changée. Gutchuluk, le nomade mongol, éleveur de moutons vivant dans sa yourte, a laissé la place à Serguei, grand blond aux yeux bleus, cultivateur dans son isba. Même le supermarché de la ville-frontière est une surprise : quoi, mais ils ont plus de 2 variétés de fruits ici !?
Quelques heures à Kiakhta pour faire le plein de vivres et s'adapter au choc culturel. On croise également deux Français en galère de bougies dans leur camion aménagé mais bien vieillissant. Espérons qu'ils lisent ces lignes depuis la Mongolie. Nous filons ensuite plein Ouest pour fuir la grosse route, axe principale de la Bouriatie et beaucoup trop passante pour nous. On doit traverser le fleuve Salenge au plus vite car il n'y a pas d'autre pont avant plusieurs centaines de km.
Tout le monde nous a inquiété sur le présence de loups et de chiens sauvages. Comme toujours dans les voyages à pied, la vallée suivante est très mal fréquentée, il n'y a que des bandits et des bêtes sauvages. Et l'on sait pertinemment que leurs voisins nous demanderont demain comment on a pu passer par la vallée précédente, peuplée uniquement de bandits et des bêtes sauvages... Au final, les seuls nuisibles sont les moustiques qui ne respectent même pas la frontière et nous obligent à trouver refuge dans la tente aussitot qu'on s'arrête pour la nuit.





