27 juillet 2012

Sacha and Co

En quittant Viktor, nous avalons d'une traite les 25 km qui nous séparent des abords du bourg suivant. Nous partons en milieu d'après-midi et franchissons une petite chaîne montagneuse. Nous n'avons que 2 litres d'eau et guettons les fermes isolées dans ce paysage déserté. Mais rien ne se profile à l'horizon et nous sommes donc contraints de pousser jusqu'à la rivière qui est sur notre route. Ses berges sont à première vue paradisiaques, et nous nous imaginons déjà lovés sur les galets, bercés par le gargouillis des flots, le regard perdu dans les ravours naissants. Mais la horde de moustiques qui garde ce petit paradis nous fait même passer l'envie d'y remplir notre bouteille. Nous nous hâtons de nous éloigner et de plonger dans la tente. Et c'est donc le gosier un peu sec que nous nous endormons au doux vrombissement des centaines de moustiques qui nous surveillent...

Nous nous réveillons le lendemain matin trempés de sueur dans notre serre tropicale ! Dans notre hâte la veille, nous avons mal choisi notre emplacement et nous n'avons pas d'ombre. De plus, les moustiques nous obligent à nous barricader et le moindre rayon de soleil fait grimper le thermomètre en flèche... S'extraire de la tente est un acte courageux... Les insectes piqueurs ont patienté toute la nuit posés sur notre toile et sont aussi assoiffés que nous ! Plier le camp et gambader jusqu'à la ville avec notre escorte qui toujours s'approche trop est un de ces moments désagréables qu'on préfère vite oublier.

C'est exténués et dépités que nous atteignons l'épicerie centrale où l'on va enfin pouvoir boire et souffler un peu. Comme par magie, les moustiques restent toujours aux portes des villages et même le nuage qui nous tourne sans cesse autour se dissipe comme par enchantement quand on entre en ville.

Un peu hébétés par les évènements des derniers jours et cette folle course, nous n'avons même pas le temps de poser nos sacs devant le magasin que débarque un bon-vivant qui nous cause avec beaucoup d'insistance. Nous n'avons pas vraiment envie de comprendre ce qu'il nous raconte, mais il y met tellement de coeur que nous ne pouvons feindre de ne pas reconnaître quelques mots comme "bania" (la fameuse version russe de la salle de bain !), "doma" (la maison, la sienne quoi !), etc. Et bien évidemment, nous acceptons son invitation puisque c'est de cela qu'il s'agit ! On charge les sacs dans sa Lada et nous voilà partis pour 3 jours de folie avec Sacha, Natacha et leur petite Dacha de 5 ans.

Cette petite famille kazako (lui) - ouzbeko (elle) - russe (la petite) nous a choyés et offerts une partie de leur vie estivale. Sacha, 52 ans touche une petite pension pour ses 20 ans de carrière dans l'armée, et a donc du temps pour aider Natacha qui vend les produits du jardin au marché. Pendant notre présence, ils sont donc tous les trois à la maison rien que pour nous !

DSC06977 DSC06957

DSC06951   DSC06974

Et nous sommes aussi là rien que pour eux ! Car dans ce genre d'invitation c'est l'hôte qui est demandeur à la base. C'est lui qui vient nous chercher et nous convainct de le suivre, et c'est lui qui est heureux de la distraction que notre présence si inattendue offre à son quotidien. Nous avons tendance à l'oublier et à toujours être gênés de l'intérêt que nous suscitons. Il nous faut rencontrer les voisins, les amis et à chaque fois faire honneur aux produits toujours frais et "home made" qu'on nous propose.

Nous ferons une visite à la Maman de Natacha qui vit dans le même village. Elle nous présente avec fierté son potager, sa basse-cour et nous convie ensuite à un gros buffet au cours duquel elle se fâche si on ne mange pas assez de sa confiture, de son miel ou de ses légumes ! Elle va ensuite fouiller dans sa chambre et nous présente sa médaille de mérite pour avoir eu 10 enfants ! On ne pourra pas repartir sans une paire de chaussettes de laine tricotée main pour Philippe. Julie y échappe car la babouchka n'a pas la bonne taille.

DSC06985

Le lendemain, on charge la voiture, on emmène les petits cousins et en route pour le lac voisin. On commence par un bain de boue pour les articulations puis baignade pour se rincer et barbecue pour se sustenter... Hum !

DSC06987   DSC06989

DSC06994 DSC06986

Au retour, il nous faut expérimenter le bania, un monument en Russie : c'est une sorte de hammam très chaud qui est utilisé pour se laver. La pièce est pourvue de bassins d'eau chaude et froide et de branches de bouleaux pour se fouetter... on en ressort complètement mou, très las et avec la peau toute douce ! il faut plusieurs heures de chauffage pour l'amener à bonne température, celle qu'un Français "normal" ne peut pas supporter plus de 5 min.

DSC06964

Et encore beaucoup de bonnes choses à manger, directement issues du potager sans pesticides ("organik"), et de conversations animées sur la Russie et Poutine. On en apprend des choses en si peu de temps !

DSC06958

Posté par Julie Philippe à 14:25 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur Sacha and Co

  • Hammam, bains de boue, confiture, miel, légumes...luxe quoi !! On pense bien à vous, et on aime regarder vos textes et photos, le soir, comme ce soir, avant de s'endormir. Anneso et Seb

    Posté par Anneso, 28 juillet 2012 à 23:11
Poster un commentaire