15 juin 2012

Ondulée ou l'onde du lait ?

De la frontière à Choyr (440 km), vous l'avez compris sur nos précédents blogs, il n'y a qu'une multitude de pistes parallèles taillées par le passage des véhicules dans le désert. Sous l'action du vent et des camions, les traces se transforment vite en tôle ondulée, ce qui pousse les routiers à ouvrir constamment de nouvelles voies. Au final, l'axe d'échange s'étale sur 500 m à 1 km de large. L'avantage pour nous est que le trafic est dilué d'autant, et nous ne croisons sur cette portion qu'une vingtaine de véhicules par jour.  Avec nos 5km/h, la tôle ondulée ne nous gêne guère, on choisit la piste la moins sablonneuse pour le Trollix.

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Nous faisons souvent l'objet de cadeaux de la part des chauffeurs. En tête vient évidemment la bouteille d'eau que nous accueillons avec plaisir car nos bidons en plastique laissent un vilain goût à l'eau (ainsi que tout un tas de molécules indésirables probablement...). Puis les sodas, qui en plus de nous désaltérer nous apportent des sucres rapides et sont donc bien utiles ! Enfin, bonbons, chocolats, beignets, brique de lait et bières nous sont aussi gentiment mis entre les mains ! La bière n'étant pas la boisson la plus utile du marcheur, nous avons préféré donner nos 4 canettes à notre tour (Ok, Philippe en a bu une cul sec quand même). C'est un vrai trafic de marchandises que nous avons établi ce jour là, nous "débarrassant" de ce que nous ne pouvions pas porter, provoquant alors un nouveau don en échange, etc. D'autres camionneurs nous prient de faire la route avec eux, parfois avec insistance car étant seuls ils s'ennuient ! C'est le cœur gros que nous déclinons car nous aimerions sincèrement leur faire plaisir et égayer leur voyage. 

En plus de ces rencontres ponctuelles, nous prenons nos habitudes avec certains voyageurs que l'on croise à plusieurs reprises sur cet axe. Cela est fort drôle d'échanger quelques banalités à chaque fois tout en rigolant de la situation.   

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Le projet Millenium devait relier Ulaan Bataar à la Chine par une route goudronnée pour l'année 2000... Mieux vaut tard que jamais, les travaux de terrassement sont actuellement en cours sur environ 200 km au sud de Choyr. Pour nous piétons étrangers, cela signifie des présences ponctuelles d'ouvriers et de camps de base, de quoi faire la causette dans toutes les langues ! En effet, on trouve sur ce chantier des entreprises chinoises, coréennes, des sous-traitants mongols pour faire les taches ingrates ainsi que des ouvriers philippins. Ne parlant que 2 mots de mongol, c'est donc le chinois qui nous sert de langue commune lorsqu'on discute avec un groupe sino-mongol ! Qui aurait cru que le mandarin nous permettrait de servir d'interprètes entre des chefs chinois et des ouvriers mongols ne pouvant communiquer dans aucune langue en l'absence de leur traducteur ???!! 

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Malgré l'antipathie affichée de nombreux nomades mongols envers les Chinois, nous trouvons que la coopération dans ce cadre à l'air de se passer plutôt sereinement. Nous avons croisé des groupes mixtes isolés, travaillant 2 à 3 semaines sur des ouvrages bétons et vivant en communauté dans des yourtes. En notre présence ils faisaient très bonne figure, ce qui nous laisse espérer que les derniers siècles de guerre pourraient être oubliés et remplacés par ce trait d'union bientôt bitumé !  

Posté par Julie Philippe à 12:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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